Olivier Perreau : « Nous sommes en train d’énormément développer la partie élevage »
Rencontré à l’occasion dy CHI de Genève où il ne montait que les épreuves intermédiaires, Olivier Perreau est revenu, au micro de L’Eperon, sur sa saison 2023 et ses objectifs 2024.
Quel bilan faites-vous de la saison 2023 ?
Je suis très content de ma saison. Mon objectif était de courir les Coupes des nations et d’essayer de rentrer dans la sélection des championnats d’Europe, ce que j’ai pu faire avec un résultat satisfaisant. J’ai construit ma saison dans cet objectif, avec des Coupes des nations et pas mal de concours sur herbe. Je suis très content du championnat et aussi de la finale de Barcelone, où ma jument est sans faute le dimanche. C’est un objectif que j’avais depuis longtemps car j’ai toujours cru en Dorai d’Aiguilly*GL Event. Elle a pas mal de facilités pour sauter de gros obstacles, ce qui change pas mal de choses. On se sent en sécurité et c’est un sentiment que j’ai eu alors qu’elle était assez jeune. C’est vrai que l’on croit toujours en nos jeunes chevaux, mais il y a pas mal de paramètres à prendre en compte ensuite, qui nous permettent de dire s’ils peuvent passer le cap.
Vous êtes à Genève sans Dorai d’Aiguilly*GL Events. Pourquoi ?
J’ai voulu lui donner un break de trois mois sans compétition car elle a enchaîné ses saisons de 9 et 10 ans sans trop de pause. J’ai donc fait le choix de la mettre au repos. Bien sûr, on continue de travailler avec un peu de gymnastique, quelques petits sauts et de l’extérieur pour qu’elle se vide la tête. Il n’est pas question d’en profiter pour faire des transferts pour l’élevage. D’ailleurs, elle a déjà eu deux produits. Maintenant, mon but avec elle, c’est le sport. Bien sûr, c’est un peu frustrant de se retrouver dans des beaux concours comme Genève ou Lyon sans elle, mais il faut faire un choix. On verra si c’est le bon !
Quel sera son programme pour la suite ?
Je vais redémarrer en janvier à Oliva pour trois semaines avec quatorze chevaux, puis la première Coupe des nations à Abu Dhabi en février et normalement la suivante aux Etats-Unis. Elle ne fera pas d’indoor. Le programme, c’est les grands terrains en sable.
Sur quels autres chevaux pouvez-vous compter ?
J’ai toujours Venizia d’Aiguilly*GL Events (Diamant de Semilly), qui va redémarrer en janvier à Oliva. J’ai aussi des chevaux qui sont destinés au commerce parce qu’il faut que l’écurie tourne et que c’est mon métier de faire du commerce. J’ai vendu en Suisse O Ziezo DB, Bwp, (Zilberstart, KWPN). Brésil de Carnaval ( Mylord Carthago) qui avait été vendu, est revenu mais il ne m’appartient pas, donc je ne suis pas certain de le garder. J’ai Calypso des Joanins Z (Clearway, Holst), qui a 9 ans et progresse bien. J’ai aussi Krak des Joanins, KWPN (Cornet Obolensky, Bwp), de l’élevage de Stéphane Monier qui vient de me confier Goldikova de Kreisker (Toulon , Bwp). Dolce Deceuninck*GL Events, Bwp (Toulon, Bwp) est toujours très compétitive sur les épreuves 145 et 150. J’ai beaucoup d’espoirs en Game Changer d’Aiguilly (Big Star, KWPN), le frère utérin de Dorai, que je vais essayer de former pour en faire un cheval de Grand Prix. J’ai besoin de renforcer mon piquet de chevaux, ça va venir petit à petit, je dois patienter encore quelques années. On développe en parallèle énormément l’élevage. On a eu quinze naissance cette année et là dedans, il y a la relève. C’est le système que je veux développer. Il m’arrive d’acheter des chevaux quand j’ai des opportunités et je travaille aussi avec des chevaux qui me sont confiés pour les commercialiser.
Tous vos chevaux sont-ils à vendre ?
Potentiellement oui, mais pas Dorai ! Il y a eu beaucoup de pression sur elle, mais c’est mon choix de vouloir continuer dans le haut niveau. J’ai le soutien de GL Events, qui m’accompagne depuis 2019. L’entreprise se bat pour notre sport en organisant de beaux évènements, en plus l’échéance olympique en 2024. C’est mon choix d’aller le plus loin possible avec eux. Pour mes jeunes chevaux, si l’opportunité se présente certains sont vendus, si non on continue à les faire évoluer. Je pense qu’à la fin, chaque cheval à son client.
Est-ce que l’objectif olympique a modifié votre préparation ?
J’ai fait les stages équipes de France, mais c’est surtout d’échanger avec des cavaliers déjà expérimentés qui apporte beaucoup. Regarder, écouter, c’est comme ça qu’on peut faire progresser les chevaux. L’encadrement de Henk Nooren m’a beaucoup aidé cette année. On peut avoir aussi un soutien psychologique mais personnellement, je ne crains pas la pression. Au contraire, j’aime bien ! L’enjeu des championnats, des Coupe des nations, me motive énormément. J’avais fait deux championnats Jeunes cavaliers, les Seniors c’est encore plus de pression mais avec plus d’expérience. C’est aussi beaucoup de déplacements et on adapte l’organisation en fonction du piquet de chevaux. Nous sommes neuf à travailler, six à l’écurie dont trois cavaliers, une personne à l’élevage, Emilie ma femme, et moi. C’est une grosse charge mais c’est nécessaire !